Arrestation de Maduro Venezuela

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L'arrestation de Maduro et le droit international (informations basées sur l"interview

Que s'est-il passé au Venezuela ?

Le 4 janvier 2026, l'armée américaine a mené une opération militaire pour capturer le président Nicolás Maduro et son épouse. Trump a annoncé que les États-Unis "dirigeraient le pays" le temps d'organiser une transition, sans exclure une présence militaire de longue durée.


Quelle justification l'administration Trump avance-t-elle ?

Elle invoque la légitime défense contre le narcoterrorisme. Maduro avait été inculpé en 2020 par un tribunal fédéral de New York pour son rôle présumé dans un complot de trafic de cocaïne impliquant les FARC colombiennes.


Cette justification est-elle valide en droit international ?

Non, selon Oona Hathaway, professeure à Yale. La Charte de l'ONU n'autorise le recours à la force qu'en cas d'attaque armée. Le trafic de drogue, aussi grave soit-il, n'a jamais été reconnu comme tel. Accepter cet argument permettrait d'envahir n'importe quel pays pour n'importe quel motif – maladies transmissibles, différends commerciaux, etc.


Maduro peut-il être jugé devant un tribunal américain ?

C'est juridiquement contestable. Les chefs d'État bénéficient d'une immunité devant les tribunaux étrangers. Pour contourner cet obstacle, l'administration affirme que Maduro n'est pas le dirigeant légitime du Venezuela puisqu'il a volé les élections. Les tribunaux devront trancher.


Existe-t-il un précédent ?

Oui, l'invasion du Panama en 1989. Les États-Unis avaient capturé Manuel Noriega et l'avaient jugé pour trafic de drogue. Les tribunaux avaient alors suivi l'avis de l'exécutif selon lequel Noriega n'était pas chef d'État. L'Assemblée générale de l'ONU avait condamné cette invasion comme une violation flagrante du droit international.


Quelle différence avec le précédent panaméen ?

L'argument est plus faible aujourd'hui. Noriega était un dictateur militaire non élu aux côtés de présidents fantoches. Maduro, malgré des élections contestées, exerce effectivement le pouvoir depuis des années et reste reconnu par plusieurs pays. De plus, Trump annonce une occupation prolongée et la saisie du pétrole vénézuélien – ce qui va bien au-delà d'une opération ponctuelle.


Le Congrès américain a-t-il été consulté ?

Non. Trump a rejeté avec mépris toute suggestion d'implication du Congrès. Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié l'opération de simple mission "policière". Pourtant, la Constitution américaine exige une autorisation du Congrès pour tout recours à la force contre un autre pays.


Qu'est-ce que la doctrine Monroe et pourquoi est-elle mentionnée ?

C'est une doctrine du XIXe siècle par laquelle les États-Unis s'arrogeaient le droit d'intervenir en Amérique latine. Abandonnée sous Roosevelt, elle semble ressuscitée par Trump qui revendique un "corollaire Trump" dans sa stratégie de sécurité nationale. Lors de l'annonce, il a d'ailleurs évoqué de possibles actions contre le Mexique.


Pourquoi cette action est-elle qualifiée de particulièrement dangereuse ?

Parce que Trump ne cherche même pas à justifier légalement son action. Il affirme simplement son droit de faire ce qu'il juge nécessaire, sans contrainte internationale ni constitutionnelle. Cela représente un rejet frontal du système construit depuis 1945 pour empêcher les États de recourir à la guerre selon leur bon vouloir. Si les États-Unis peuvent le faire, qu'est-ce qui empêche la Russie ou la Chine d'avancer les mêmes arguments ?


Quelles pourraient être les conséquences ?

L'effondrement du droit international comme cadre de règlement des conflits. Si le trafic de drogue justifie une invasion, tout peut le justifier. Le système de la Charte de l'ONU reposait sur l'idée que les États ne peuvent pas décider seuls de recourir à la force. Cette intervention, assumée et sans limite, dynamite ce principe.